La gestion des accès privilégiés (PAM) permet aux petites entreprises de contrôler, de surveiller et de sécuriser l’accès à leurs systèmes sensibles, à leurs comptes administrateur
Un bastion informatique est un point de contrôle sécurisé qui sert d’intermédiaire entre les utilisateurs autorisés et les systèmes sensibles d’une organisation. Au lieu d’établir une connexion privilégiée directe vers un serveur, une base de données ou une application critique, l’utilisateur passe par ce « sas » de sécurité, où son identité, ses permissions et sa session peuvent être contrôlées.
La définition de bastion informatique peut donc se résumer ainsi : il s’agit d’une solution qui centralise et sécurise les accès à privilèges, tout en donnant aux équipes de sécurité une meilleure visibilité sur les actions réalisées. Les architectures de bastion traditionnelles introduisent toutefois un système supplémentaire qui doit être sécurisé, corrigé et surveillé. Selon le modèle de déploiement, le bastion peut être accessible via Internet, un VPN ou des règles de pare-feu entrantes, ce qui en fait une cible de grande valeur s’il est mal configuré ou compromis. Un bastion informatique ou un bastion cyber peut contribuer à protéger les serveurs, les environnements cloud, les équipements réseau et les applications d’administration contre les connexions non autorisées ou insuffisamment contrôlées.
Son importance est directement liée au niveau de risque des comptes à privilèges. Si un identifiant d’administrateur est compromis, un attaquant peut parfois modifier la configuration d’un système, accéder à des données sensibles ou interrompre des services essentiels. En contrôlant le chemin d’accès et en conservant une trace des activités, le bastion peut contribuer à réduire ce risque.
Quel est le rôle d’un bastion informatique ?
Le rôle d’un bastion informatique est de sécuriser les connexions à privilèges en réunissant trois fonctions essentielles : contrôler qui peut accéder à quels systèmes, superviser ce qui se passe pendant les sessions et conserver une trace exploitable de chaque activité. Cette approche aide les organisations à appliquer le principe du moindre privilège et à mieux maîtriser les accès aux ressources critiques.
Contrôle et filtrage des accès privilégiés
Un bastion vérifie l’identité de la personne qui demande l’accès, puis applique des règles d’autorisation avant d’établir la connexion. Ces règles peuvent tenir compte du rôle de l’utilisateur, du système demandé, de l’horaire, du contexte de la connexion ou de la durée d’accès.
Enregistrement et supervision des sessions
Le bastion informatique peut également superviser et enregistrer les sessions privilégiées et fournir aux équipes de sécurité une visibilité sur les actions effectuées dans les systèmes sensibles. Selon la solution choisie, les commandes, événements et connexions peuvent être journalisés, tandis que les sessions peuvent être enregistrées pour être consultées ultérieurement.
Cette visibilité facilite la détection d’un comportement inhabituel et accélère l’analyse lorsqu’un incident survient. Elle permet aussi de mieux comprendre comment un accès a été utilisé, sans dépendre uniquement des déclarations de l’utilisateur ou de journaux dispersés dans plusieurs outils.
Traçabilité pour la conformité réglementaire
En centralisant les journaux et les enregistrements de sessions, un bastion crée une piste d’audit des activités à privilèges. Les organisations peuvent ainsi démontrer que les accès aux systèmes sensibles sont encadrés, surveillés et réévalués, plutôt que laissés sans supervision.
Cette traçabilité peut soutenir les démarches liées à des référentiels et obligations tels que NIS2, le RGPD ou ISO 27001. Elle ne remplace pas une démarche de conformité complète, mais elle fournit des éléments concrets pour documenter les contrôles d’accès et les investigations. Pour approfondir les exigences liées à la directive, consultez notre guide sur la Directive NIS2.
Comment fonctionne un bastion informatique ?
Le fonctionnement d’un bastion informatique repose sur un principe simple : interposer une couche de contrôle entre l’utilisateur et la ressource à laquelle il souhaite accéder.
1. L’utilisateur demande l’accès à une ressource, par exemple un serveur de production, une base de données ou une console d’administration.
2. Le bastion vérifie son identité au moyen des mécanismes d’authentification configurés, notamment la MFA lorsque celle-ci est requise.
3. Les permissions et les règles d’accès sont évaluées. Le bastion vérifie que l’utilisateur est autorisé à accéder à cette ressource, dans ce contexte et pendant cette période.
4. Si la demande est approuvée, la connexion est établie à travers le bastion. L’utilisateur peut alors travailler sur le système cible sans nécessairement disposer d’un accès réseau direct.
5. La session et les événements pertinents sont supervisés et journalisés afin de conserver une trace de l’activité et de faciliter les contrôles ultérieurs.
Le bastion reste ainsi le point de passage contrôlé pendant toute la session. Dans un déploiement traditionnel, cette passerelle doit elle-même être configurée et protégée de manière sécurisée, car elle peut devenir une cible intéressante pour les attaquants. Cette centralisation simplifie l’application des politiques et évite de gérer séparément chaque connexion privilégiée dans chaque environnement.
Quels sont les avantages d’un bastion informatique ?
En centralisant les accès privilégiés, un bastion informatique donne aux organisations davantage de contrôle sur les connexions à leurs ressources critiques. Il peut également réduire les points d’exposition et mieux encadrer les accès réalisés par des personnes extérieures à l’entreprise.
Réduction de la surface d’attaque
Les connexions administratives directes et non contrôlées créent davantage de points d’entrée potentiels vers les systèmes critiques. En faisant passer ces connexions par un bastion, l’organisation centralise ses contrôles et limite les accès inutiles.
Le bastion ne supprime pas à lui seul tous les risques liés aux privilèges, mais il peut contribuer à réduire la surface d’attaque en encadrant les chemins d’accès, en appliquant le moindre privilège et en limitant l’exposition des interfaces d’administration.
Maîtrise des accès des prestataires et sous-traitants
Les prestataires, intégrateurs et administrateurs externes ont parfois besoin d’accéder à des systèmes internes pour assurer une maintenance ou résoudre un incident. Ces connexions peuvent toutefois augmenter le risque si elles reposent sur des comptes partagés, des VPN toujours actifsou des privilèges trop larges.
Une solution de bastion cyber offre un point de contrôle pour encadrer ces accès selon les ressources, les permissions et la durée nécessaires. L’organisation peut ainsi accorder un accès limité à un fournisseur, puis le retirer à la fin de l’intervention, tout en conservant une visibilité sur l’activité réalisée.
Bastion informatique et PAM : quelle différence ?
Un bastion se concentre principalement sur le contrôle et la supervision des connexions privilégiées vers des systèmes sensibles par l’intermédiaire d’une passerelle. Une solution PAM adopte une approche plus large : elle peut également gérer les comptes et les secrets, appliquer des accès juste-à-temps, supprimer les privilèges permanents, automatiser la rotation des identifiants et suivre le cycle de vie des accès.
Pour les organisations qui souhaitent moderniser leur stratégie de sécurité des accès et dépasser les limites des déploiements de bastion traditionnels, une solution PAM réunit la gestion des accès privilégiés, la gestion des secrets, la supervision et l’enregistrement des sessions, ainsi que le contrôle des connexions dans une plateforme cloud native et Zero-Trust.
En effet, KeeperPAM établit des connexions via une passerelle Zero Trust Network Access (ZTNA), ce qui limite l’exposition de l’infrastructure par rapport à un VPN traditionnel. Grâce au principe du juste-à-temps (Just-in-Time), les utilisateurs bénéficient du niveau d’accès approprié, avec les privilèges nécessaires, au moment où ils en ont besoin. KeeperAI renforce également la supervision des sessions en générant automatiquement des résumés et des analyses de l’activité des sessions privilégiées enregistrées. Les résumés sont chiffrés à l’aide des clés du client avant de quitter son environnement. Keeper ne conserve donc que les données chiffrées et ne peut pas en lire le contenu, préservant ainsi la sécurité zero knowledge tout en aidant les équipes de sécurité à comprendre rapidement ce qui s’est passé sans devoir examiner manuellement chaque enregistrement. Enfin, Keeper permet aux utilisateurs de se connecter à une ressource sans jamais révéler les identifiants utilisés pour établir la connexion.
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Foire aux questions
Qu’est-ce qu’un bastion informatique en termes simples ?
Un bastion informatique est une passerelle contrôlée entre les utilisateurs et les ressources informatiques sensibles. Il vérifie les autorisations avant d’autoriser une connexion privilégiée et peut surveiller puis enregistrer la session.
Quels sont les avantages d’un bastion ?
Un bastion aide à centraliser le contrôle des accès privilégiés, à réduire les connexions directes vers les systèmes critiques et à améliorer la visibilité sur les activités administratives. Il peut également encadrer les accès des prestataires et soutenir les besoins de traçabilité. Toutefois, un bastion traditionnel oblige également l’organisation à sécuriser et à maintenir sa propre passerelle, qui peut devenir une surface d’attaque supplémentaire
Quelle taille d’entreprise a besoin d’un bastion informatique ?
Le besoin d’un bastion informatique dépend surtout de l’environnement informatique, de la sensibilité des systèmes et du niveau d’accès privilégié, plutôt que du nombre d’employés. Un bastion peut être pertinent pour une PME comme pour une grande entreprise dès lors que des administrateurs, des fournisseurs tiers ou d’autres utilisateurs privilégiés accèdent à des ressources critiques. Lorsque les exigences deviennent plus nombreuses ou plus complexes, une approche PAM plus large peut être envisagée.